[Bilimsel Haber] FW: To attend in Lyon: Islam and the West
(Middle-Ages)
Onur Inal
onurinal at onurinal.com
9 Mar 2009 Pzt 19:05:25 EET
From: Soraya El-Alaoui <Soraya.El-Alaoui at ehess.fr>
Subject: To attend in Lyon: Islam and the West (Middle-Ages)
Date: March 9, 2009
Colloque, ENS LSH Lyon, 11-13 mars 2009 (and live on the internet) L'islam
et l'Occident à l'époque médiévale. Transmission et diffusion des savoirs
http://islam-occident.ens-lsh.fr
Colloque L’Islam et l’Occident à l’époque médiévale. Transmission et
diffusion des savoirs. (11, 12, 13 mars 2009)
Organisé par les laboratoires Triangle Action, discours, pensée politique et
économique (UMR 5206), Cerphi Centre d’Etudes en Rhétorique, Philosophie et
Histoire des Idées, Ciham Centre Interuniversitaire d’Histoire et
d’Archéologie Médiévales à l’Ecole normale supérieure Lettres et sciences
humaines, ce colloque international est conçu comme un moment de débat
scientifique et d’échanges sur les enjeux sociaux de l’écriture de
l’histoire, dès lors que l’on traite du monde arabo-musulman, de ses
rapports avec les sociétés occidentales et, plus particulièrement, de la
transmission des savoirs entre les deux mondes au Moyen Âge. Dans le cadre
de ce colloque, nous souhaitons discuter des questions suivantes :
La philosophie dans le monde arabo-musulman au Moyen Âge
Dans son livre l’Obtention du bonheur, al-Fârâbî (Xe siècle) présente la
philosophie qui est d’après lui "la science suprême" et "la science la plus
ancienne" comme le produit des Chaldéens (peuples d’Irak) transmis aux
Egyptiens, puis aux Grecs, ensuite aux Syriaques, enfin aux Arabes. Cette
présentation insiste sur la pérégrination des savoirs antiques dans
différentes ères géographiques et linguistiques et sur leur appropriation
par la culture arabo-musulmane à un moment donné de l’histoire. Certains
affirment, toutefois, que la « falsafa ne coïncide pas totalement avec notre
"philosophie" » (Rémi Brague, Au moyen du Moyen Âge, p. 238), et pensent que
le travail des philosophes arabes serait dépourvu de ce qui caractérise
celui des Grecs : la recherche libre du savoir. D’autres estiment que l’ère
géographique dominée par la culture arabo-musulmane pendant le Moyen Âge
serait restée faiblement hellénisée, donc étrangère aux dynamiques
intellectuelles et scientifiques qui ont animé leurs prédécesseurs grecs.
Al-Fârâbî était-il donc en droit de revendiquer l’appropriation des savoirs
antiques ? Par ailleurs, les connaissances produites en terre d’islam en
fait de sciences et de philosophies ont-elles été foncièrement différentes
de ce qui est né en Grèce et de qui sera élaboré en Occident au Moyen Âge et
plus tard ? Les spécialistes de la philosophie arabe du Moyen Âge sont
invités à débattre de la nature et de l’ampleur des productions
scientifiques et philosophiques qui ont eu lieu en terre d’islam à cette
époque.
La transmission des savoirs du monde arabo-musulman à l’Occident
La deuxième question est celle de la transmission des savoirs grecs à
l’Occident au Moyen Âge. Quels ont été les traducteurs et les passeurs de
ces savoirs au monde latin ? Les arabo-musulmans ont-ils joué uniquement le
rôle de relais ou bien ont-ils transformé le contenu et les données
épistémologiques relatives à certaines branches du savoir ? Par ailleurs,
les textes scientifiques et philosophiques arabes ont-ils joué un rôle dans
l’essor culturel de l’Europe au Moyen Âge ? Leur influence a-t-elle été
limitée, passagère et circonscrite dans le temps et l’espace ou a-t-elle
contribué à modifier les méthodes d’approche des savoirs ? Ces questions
somme toute classiques feront l’objet d’une mise au point scientifique à la
lumière des travaux récents publiés sur le sujet.
Traduction, langage et pensée philosophiques
La transmission des textes pose bien évidemment des problèmes cruciaux de
traduction. Sur cette question, et dans la lignée des auteurs du XIXe
siècle, des chercheurs écrivent aujourd’hui que les langues sont inégalement
capables d’absorber puis de véhiculer la philosophie et la pensée
scientifique. Cela impliquerait que certains peuples et nations seraient, du
fait même de leurs systèmes linguistiques, réfractaires à la réception de la
science. Ainsi, parce qu’elle serait essentiellement poétique ou de nature «
religieuse » (S. Gouguenheim, Aristote au Mont Saint Michel, p. 136), la
langue arabe serait incapable d’être le véhicule de notions abstraites et de
raisonnements élaborés. Les intervenants sont invités à débattre des
rapports entre langue et pensée et des différentes formes d’expression des
savoirs scientifiques.
L’historien, la demande sociale et la diffusion des savoirs
Pour de multiples raisons, liées au contexte international comme à la
réalité sociologique de la société française, les questions traitées dans
les trois premiers axes pour le Moyen Age ont des implications
contemporaines. Sur les relations culturelles entre le monde arabo-musulman
et l’Occident, la production et la diffusion des connaissances, leur
vulgarisation, leur inscription dans les manuels scolaires constituent un
enjeu fort pour les historiens de métier. Nous voudrions promouvoir dans le
cadre de ce colloque un « détour réflexif » sur le métier d’historien (IHTP)
et un débat collectif sur les liens entre recherche scientifique, diffusion
des travaux de spécialistes dans l’enseignement secondaire et supérieur et
transmission au plus grand public (aussi par le biais des différents
medias), dès lors que l’on travaille sur des questions « sensibles ».
Grammaire ou choc des civilisations
Et, de fait, le succès public du livre de Samuel Huntington, The Clash of
Civilization and the Remaking of World Order (traduction française chez
Odile Jacob en 1997) a fortement pesé et pèse toujours dans le champ des
études sur l’Islam et l’Occident. Cette grille de lecture repose sur une
volonté de comparaison entre les civilisations définies principalement par
certaines de leurs caractéristiques culturelles, en particulier religieuses.
Les insuffisances de cette approche ont été à plusieurs reprises critiquées
mais la thèse continue de séduire ceux qui manient aussi volontiers les
concepts « d’identité », de « traditions » et de « racines » culturelles,
invoqués afin d’analyser l’inégale prédisposition des civilisations à
s’acheminer vers le « progrès » identifié à l’Occident. On s’interrogera sur
ces notions, sur les difficultés posées par la quête des « origines », sur
l’environnement intellectuel, politique et pour tout dire idéologique qui
sous-tend ces travaux. Il en va là encore du métier d’historien et des
relations que celui-ci entretient avec le monde contemporain.
Mercredi 11 mars 2009
*
09h00
Accueil des participants - Entrée libre
Forum
*
Matin : La philosophie dans le monde arabo-musulman au Moyen Âge
Président de séance : Ali Benmakhlouf
o 09h15
o Makram Abbès , Marina Mestre
o Ouverture du colloque
o 09h30
o Dimitri Gutas
o La question de l’hellénisation du Proche-Orient à l’époque
médiévale
o 10h10
o Ahmed Djebbar
o La circulation des sciences "exactes" produites en pays
d’Islam vers l’Europe, à partir de la fin du XIe siècle
o 10h50
o Jules Janssens
o Avicenne et son emprise sur la pensée postérieure, tant en
terre d’Islam qu’en Occident
o 11h30
o Débat
Salle F106
*
12h30
Déjeûner
Restaurant de l’ENS LSH
*
Après-midi : Traduction, langage et pensée philosophique
Président de séance : Jean-Claude Zancarini
o 14h00
o Ali Benmakhlouf
o La logique d’Aristote et le modèle démonstratif chez les
philosophes arabes classiques
o 14h40
o Abdelali ELAmrani-Jamal
o Langue arabe et logique grecque
Salle F106
*
15h20
Pause café
Mezzanine
*
o 15h40
o Hélène Bellosta
o Traduire et lire un texte scientifique
o 16h20
o Pierre-François Moreau
o En quel sens peut-on parler des racines d’une culture ?
o 17h00
o Débat
Salle F106
Jeudi 12 mars 2009
*
Matin : La transmission des savoirs du monde arabo-musulman à
l’Occident
Président de séance : Makram Abbès
o 09h30
o Laurent Gerbier
o Lire Aristote dans le texte de Platon. Averroès et la
mutation de la médecine politique
o 10h10
o Didier Ottaviani
o Astronomie et médecine chez les penseurs latins de la fin du
XIIIe siècle
o 10h50
o Michel Senellart
o Ramon Lull "arabicus christianus" : des armes matérielles
aux armes intellectuelles
o 11h30
o Débat
Salle F106
*
12h30
Déjeuner
Restaurant de l’ENS LSH
*
Après-midi : Grammaire ou choc des civilisations ?
Présidente de séance : Pascale Barthélémy
o 14h00
o Abdesselam Cheddadi
o Les sciences historiques dans la culture arabo-musulmane :
héritage antique et élaborations nouvelles
o 14h40
o Julien Loiseau
o L’Islam médiéval ou le miroir aux identités. Remarques sur
une civilisation de la bigarrure
Salle F106
*
15h20
Pause café
Mezzanine
*
o 15h40
o Daniel Rivet
o Du clash des civilisations au choc des incultures : comment
en est-on arrivé là ?
o 16h20
o Blaise Dufal
o Historiographie d’une évidence : la civilisation occidentale
o 17h00
o Débat
Salle F106
Vendredi 13 mars 2009
*
Matin : L’historien, la demande sociale et la diffusion des savoirs.
Président de séance : Daniel Rivet
o 9h30
o Sylvain Piron
o Histoire, mémoire, identités
o 10h10
o Annliese Nef
o L’enseignement de l’histoire de l’Islam médiéval en France
o 10h50
o Tzvetan Todorov
o Autour de son livre La peur des barbares
o 12h00
o Débat
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