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<P>Subject: Call for Applications: Post-Doc in Aix Ottoman Sijillat</P>
<P>Date: February 18, 2008</P>
<P></P>
<P></P>
<P>Ville ottomane et sources judiciaires </P>
<P></P>
<P> </P>
<P>Descriptif du projet</P>
<P>L'IREMAM souhaite accueillir un jeune docteur en histoire, susceptible de
mener des recherches en histoire des villes à l'époque ottomane à partir de
l'exploitation systématique des sources judiciaires. Dans le cadre du projet
quadriennal 2008-2011, l'équipe 3 de l'IREMAM « Histoire du monde musulman.
Religion, Droit, Société » a enrichi son thème de recherche portant sur la
ville, d'un intérêt renouvelé pour l'étude du droit et notamment pour les
questions d'anthropologie juridique que soulève l'exploitation des registres des
tribunaux ottomans (sijillât). Ces derniers constituent en effet, depuis les
travaux fondateurs d'André Raymond (Artisans et commerçants du Caire au XVIIIe
siècle, Damas, 1973 et 1974), la source privilégiée en histoire sociale de
l'Empire ottoman à partir de l'observatoire qu'offrent les grandes villes, pour
lesquelles nous disposons de séries impressionnantes de registres. Si les
sijillât ont été longtemps utilisés comme un réservoir d'informations, notamment
quantitatives, sur la société qui y était pour ainsi dire déposée, ces dernières
années la recherche en histoire ottomane s'est réorientée vers une appréhension
d'ensemble de cette source exceptionnelle, des conditions de sa production, de
ses biais et de ses limites. Ce réexamen critique de la source affecte les
résultats que l'on est en droit d'attendre d'une histoire plus factuelle, en
premier lieu urbaine.</P>
<P>L'équipe d'histoire de l'IREMAM souhaiterait ainsi poursuivre avec ce jeune
docteur les réflexions entamées par les membres de l'équipe durant le précédent
quadriennal, et qui tournaient notamment autour (a) de la question de la
constitution des sijillât, (b) de la valeur juridique des textes qu'ils
contiennent, et (c) de leur usage social. Les réponses apportées à ces questions
permettront de réévaluer l'apport de cette documentation à une approche globale
de l'histoire urbaine. Une méthodologie cohérente et rigoureuse s'impose donc
pour articuler les domaines de recherche juridique et urbain ; elle sera
appliquée dans un contexte géographique et chronologique précis. </P>
<P>Le jeune chercheur accueilli en post-doctorat apportera avec lui sa
connaissance d'un corpus de sources, série de registres de tribunaux, ensemble
de documents notariés (tels que les actes de waqf) ; corpus qui correspondra à
une ou plusieurs villes, et qu'il pourra étendre s'il le souhaite. Les limites
chronologiques seront définies de même par la période avec laquelle le candidat
est familiarisé. Dans un premier temps le chercheur devra constituer une
cartothèque ; élaborer une typologie cohérente, qu'il emploiera pour dresser le
catalogue exhaustif de son corpus. Cette opération préalable et indispensable
permettra de s'interroger sur les limites de son corpus. Elle servira de base à
une étude qui s'articulera autour de deux axes majeurs :</P>
<P>1- dans le domaine des études urbaines : le jeune chercheur s'interrogera sur
la possibilité d'acquérir à partir du corpus ainsi mis en forme une vision
globale, à la fois spatiale et quantitative, du tissu urbain, de la voirie, des
statuts des terrains et des immeubles, des fonctions des bâtiments, voire
d'autres aspects qui l'intéressaient préalablement ou que sa recherche elle-même
ferait apparaître. Il examinera aussi s'il est possible à partir du corpus, de
mettre en évidence les phénomènes d'évolution spatiale de la ville (extension,
régression, apparition ou résorption de dents creuses, etc.), et étudiera de
manière globale les caractéristiques du marché immobilier, c'est-à-dire les
transactions portant sur les propriétés, les revenus fonciers, et les biens
waqf, dans leurs aspects juridiques, économiques et sociaux.</P>
<P>2- dans une approche d'anthropologie juridique : il s'attachera à dégager la
fonction et le rôle des différentes juridictions à partir de l'analyse de la
manière dont elles apparaissent dans les sources judiciaires ; à étudier à
partir d'un relevé systématique ce que les sources permettent de saisir quant à
l'identité et au rôle des témoins et des présents aux auditions du tribunal ;
quant à l'usage de la preuve écrite par les parties ; à leur recours aux fatwâ ;
au déroulement des procès et, là où c'est possible, aux types de résolution des
conflits. Il cherchera enfin à mettre en perspective la nature et les usages
contemporains d'une telle documentation ainsi que ce dont celle-ci témoigne
quant aux fonctions et aux enjeux des institutions qui la produisent. </P>
<P>Durant les deux années d'accueil, le post-doctorant participera de manière
active aux réunions de l'équipe d'histoire de l'IREMAM, et à l'ensemble de ses
activités. Durant la seconde année il rédigera sous forme d'articles les
principaux résultats de sa recherche. Il sera également partie prenante d'un
projet collectif, de nature comparative, que l'équipe élaborera autour des
problématiques liées à sa recherche.</P>
<P>* Profil du candidat</P>
<P>Le candidat devra avoir soutenu une thèse en histoire de la période ottomane,
entendue dans sa plus grande extension géographique (Régences comprises) et
chronologique, avec des prolongements possibles (par exemple, la période
mandataire au Levant). Il aura montré sa familiarité avec l'historiographie
récente du domaine ottoman. Sa thèse devra s'être appuyée sur l'étude
approfondie de sources judiciaires : soit une série de registres de tribunaux
(sijillât), soit un corpus cohérent de documents notariés. Il aura développé des
problématiques en histoire sociale, notamment mais non exclusivement urbaine, et
sera familier des questions que pose ce type de sources. Les recherches qu'il
mènera dans le cadre du post-doctorat se situeront au confluent de deux
domaines, les études urbaines et l'anthropologie juridique. </P>
<P>Le candidat aura prouvé avec son doctorat son aptitude à manier des quantités
importantes d'archives. Il maîtrisera soit l'arabe classique, soit le turc
ottoman, et aura montré par l'expérience ses compétences en paléographie
documentaire.</P>
<P>* Durée du projet</P>
<P>2 an(s)</P>
<P></P>
<P></P>
<P>Institut de Recherches et d'Etudes sur le Monde Arabe et Musulman (IREMAM)
</P>
<P>Aix-en-Provence </P>
<P></FONT><A href="http://www.mmsh.univ-aix.fr/iremam/"><U><FONT color=#0000ff
size=4>http://www.mmsh.univ-aix.fr/iremam/</U></FONT></A><FONT size=4> </P>
<P></P>
<P></P>
<P>secretariat.iremam@mmsh.univ-aix.fr </P></FONT></FONT></DIV></BODY></HTML>